LAM - Les Afriques dans le monde

Pratiques artistiques contemporaines d’Afrique : formes et enjeux politiques

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Interroger les pratiques artistiques contemporaines d’Afrique au prisme du politique, dans une perspective transdisciplinaire et dans le cadre d’un dialogue entre universitaires et praticiens, constitue le principal objectif de ce programme d’enseignements artistiques conçu sur deux ans. Il s’agira, dans un premier temps, d’examiner la façon dont les artistes composent avec un héritage historique parfois encombrant et, dans un second temps, de questionner le paradigme de l’engagement de l’artiste dans la cité aujourd’hui.

Deux cycles de séminaires pour les années 2016 et 2017 proposés et conçus par Armelle Gaulier, Maëline Le Lay, Émilie Matignon, Emmanuelle Spiesse (LAM/IEP Bordeaux) et Marian Nur Goni (CRAL/EHESS).

Projet financé par la Fondation Carasso sous l'égide de la Fondation de France. 

                                                                                                                                                                  


Crédit  : Samson’s Dead Stock: A Matrix of Remembering and Forgetting (détail) - Sam Hopkins - Courtesy de l’artiste - Photo : Érika Nimis.

 

CYCLE II (2017)

Ce que l’art fait à la citoyenneté

L’engagement de l’artiste dans la cité et en faveur d’un mieux-être – que celui-ci passe par la révolution ou le développement - est un thème récurrent dans l’histoire de l’art et de sa réception. De nos jours, si le terme d’engagement (historiquement daté, dans un contexte français tout du moins) n’a plus autant le vent en poupe, il a été remplacé par un ensemble de vocables qui le signifient : par exemple, on interroge régulièrement le « rôle » de l’artiste dans la société. À cette sempiternelle question sont proposées des réponses hétérogènes qui constituent autant de positionnements politiques quant à la participation de la création artistique au débat citoyen, voire à l’action politique.

Car l’artiste met son art au service de revendications qui font parfois de lui un militant, certains artistes aujourd’hui se proclamant d’ailleurs volontiers « artivistes ». Ces postures sont autant de déclinaisons possibles d’une expérience singulière et personnelle de la citoyenneté. En effet, loin de se résumer à un statut, la citoyenneté est un processus en constante redéfinition et qui engage les citoyens à prendre part à la société, à y définir leur place ou à questionner celle qu’on leur dénie. Cette dimension empirique nous invite à observer, identifier et comprendre comment se configure et se recompose le champ artistique au gré de son exploration des terrains de la citoyenneté.

La participation des artistes au débat citoyen passe aussi par la question de la mémoire qui est au cœur  du travail de nombre d’entre eux : comment se souvenir ? Et surtout de quoi faut-il se souvenir ? Elle prend différentes formes répondant aux multiples injonctions des agendas politiques des sociétés où créent les artistes : réinvestir une prétendue tradition musicale (comme le fait la world music) ou valoriser le patrimoine, notion aujourd’hui déclinée à l’infini. Elle peut tout autant en appeler à l’anamnèse pour la reconnaissance, le pardon ou la résilience dans des contextes « post-conflits » où les personnes sont censées se trouver dans des états « post-traumatiques ». C’est notamment dans cette optique que s’inscrit le travail des ONG, travailleurs sociaux et acteurs de la paix, surtout dans les zones post-conflit : la création artistique y est conçue comme un outil pour surmonter le trauma, une action de guérison entreprise par les « victimes », favorisée par le recours à la catharsis théâtrale.
Mais que peut justement nous apprendre la notion de citoyenneté dans son rapport à la pratique artistique et vice versa ? Ou autrement dit, la pratique artistique peut-elle être considérée comme l’expression d’une citoyenneté ordinaire (Carrel et Neveu 2014) ?

Explorant les rapports entre art et citoyenneté, ce cycle de séminaires cherchera donc à questionner les formes contemporaines de l’engagement, particulièrement dans les Afriques. Il s’agira de voir dans quelle mesure on peut considérer que ce paradigme s’actualise dans des questions qui traversent le débat public : la fonction sociale de l’art et sa capacité à exprimer les problématiques ou les tensions de la société de (et dans) laquelle il émerge.

Mots-clefs : citoyenneté, mobilisation, contestation, artivism, mémoire, dimension cathartique de l’art.

Responsables : Armelle Gaulier, Maëline Le Lay, Emilie Matignon

Déroulement du programme # 2 (2017) – TNBA, Glob Théâtre, Utopia, OARA, Sciences po Bordeaux

« Ce que l’art fait à la citoyenneté »

Co-responsables scientifiques du cycle 2 : Armelle Gaulier, Maëline Le Lay & Émilie Matignon
Secrétariat scientifique : Céline Mouchard (seminaire.art.politique@gmail.com )

             

  • Jeudi 12 janvier 2017 (14h-16h)
    Ce qu'on demande à l'art par Nathalie Heinich, sociologue de l’art, directrice de recherche au CNRS. Sciencespo Bordeaux (amphi Aliénor d’Aquitaine).
    "L'art" est aujourd'hui l'objet, dans les milieux cultivés, d'attentes allant bien au-delà de ce que Pierre Bourdieu nommait le "champ" artistique: attentes politiques, attentes thérapeutiques, attentes morales, attentes existentielles, attentes positionnelles... Il partage cet étrange privilège avec "la littérature" et, parfois, "la science", alors que dans le même temps "la religion" s'est largement vidée de ce type de projections. Dans ces conditions, le rôle du sociologue ou de l'anthropologue n'est pas de nourrir ces attentes en leur donnant consistance, mais plutôt de déplier ce terme abstrait pour en expliciter les composantes, et de procéder à une mise en perspective historique et culturelle des représentations qui lui sont attachées. Cette posture distanciée par rapport aux conceptions spontanées des acteurs - y compris et surtout de ces acteurs un peu particuliers que sont les universitaires - est ce qui permet au chercheur de se faire non pas le propagandiste mais l'analyste de leurs valeurs.
  • Mardi 7 février 2017 (18h – 20h)
    Citoyenneté de l’art et art de la citoyenneté : Magyd Cherfi, chanteur du groupe Zebda au Glob Théâtre
    Pour certains journalistes, la "chanson française" est avant tout une chanson dite engagée. Mais engagée pour qui, pour dire quoi?  Quel est réellement le pouvoir d'engagement ou de résistance d'une chanson? Et surtout quid du processus de création et de réception : un groupe de musique maîtrise-t-il toujours la dimension politique de ses chansons? Écrivain, chanteur/musicien, parolier du groupe Zebda, Magyd Cherfi est souvent décrit comme un « artiste engagé ». Enfant de parents partis d’Algérie dans les années 1960 pour tenter l’aventure de l’immigration à Toulouse, il est à la fois sujet et objet de ses écrits, dans lesquels il met en mots/maux son quotidien, questionnant ainsi la société française. En s’appuyant sur les paroles de ses chansons et ses livres autobiographiques Livret de famille (2004), La trempe (2007) et Ma part de Gaulois (2016), Magyd Cherfi reviendra sur son parcours d’artiste citoyen français à part entière et non entièrement à part. Il expliquera sa démarche artistique : « écrire l’intime et l’utile » et cherchera à déconstruire cette figure de l’artiste engagé pour mieux revêtir celle de l’artiste citoyen. 
  • Mercredi 8 mars 2017 (18h-20h)
    Faire du théâtre de création en Afrique : entre production locale et coopération internationale : Étienne Minoungou, comédien, directeur artistique du festival Les Récréâtrales de Ouagadougou (Rencontres panafricaines d’écriture et de création) au TnBA (studio de création).
    Contrairement à la musique ou à la danse labellisées « africaines » qui s’exportent très bien, le théâtre n’est pas la discipline artistique du continent la plus représentée sur les scènes d’Europe. De là à postuler son inexistence, ou bien à présumer que le théâtre se confondrait avec le rituel (voire s’y résumerait), il n’y a qu’un pas. Étienne Minoungou, homme de théâtre très investi dans le milieu théâtral de son pays, le Burkina Faso, dispose d’une excellente connaissance de la scène actuelle de nombreux pays africains grâce aux Récréâtrales, qu’il définit comme un espace panafricain d’écriture, de création, de recherche et de diffusion théâtrales. Ce projet s’articule en trois étapes  - recherche-formation, production et diffusion – en associant à la première, des professionnels du théâtre venant de nombreux pays d’Afrique, d’Europe et d’Amérique du Nord. Quels sont les défis à relever pour pérenniser un tel événement international (le temps du festival) et faire en sorte qu’il puisse profiter durablement aux populations qui l’accueillent ? Quelles sont les contraintes économiques et culturelles (en termes d’attentes du public par exemple) pesant sur la production artistique locale lorsque la ville se mue temporairement en vitrine de la création ?
    → En parallèle du séminaire : spectacle d’Étienne Minoungou, M’Appelle Mohamed Ali, pièce écrite par Dieudonné Niangouna (à confirmer).
  • Mercredi 12 avril 2017 (18h – 20h)
    Sophie Wahnich, historienne, directrice de recherche au CNRS/IIAC : Ce que l’art fait à la citoyenneté, montrer la Révolution française et former des citoyens ? au TnBA (hall de la grande salle Vitez). [En amont du spectacle de Baptiste Amann sur la Révolution française, Des territoires (Nous sifflerons la Marseillaise) ], avec la participation de Baptiste Amann, auteur.
    En tant qu’historienne de la révolution française, Sophie Wahnich a été associée à trois créations récentes portant sur cette période : un film - Le beau dimanche de Dominique Cabrera - et deux spectacles : Allégorie Forever, un opéra d’Ambronay, mis en scène par Pierre Kuentz et Soulèvements, une pièce de théâtre de Marcel Bozonnet et Judith Ertel. L’objet « Révolution française » est ainsi devenu la matière du spectacle mais aussi le ferment d’une réflexion politique collective dans l’optique de produire des doléances contemporaines. Menée tantôt avec les comédiens, tantôt avec la salle à l’issue de la représentation, ou encore dans une université populaire avec « l’espace public de la raison » cher à Kant, cette réflexion interroge les liens entre pratiques artistiques et pratiques politiques. L’on peut certes se demander ce que l’art fait à la citoyenneté mais aussi à la politique, ce qui n’est pas exactement la même chose. En quoi consiste alors non seulement l’art, mais l’art de se former, de produire, de pluraliser les formes et de transmettre au public, et non uniquement transmettre à des publics ? Qu’est devenue la Révolution française : une relique, un monument, un atelier critique ?
  • Mercredi 3 mai 2017 (18h – 20h)
    (Se) jouer des vestiges du colonialisme (racisme, conflits et corruption) : Frédérique Lecomte, metteuse en scène, Cie Théâtre et réconciliation, Bruxelles et Kokou Namo Ehah, metteur en scène et comédien, Cie Yakka, Bordeaux au Glob Théâtre.
    Que le théâtre soit un art politique par essence, est presque devenu un lieu commun dans le discours des critiques comme dans celui des artistes eux-mêmes, tant la scène offre un support de choix pour représenter luttes sociales et combats d’idées. Mais comment – par quels moyens et choix artistiques – parvenir, dans nos sociétés européennes, à interroger le politique, notamment certaines questions aussi sensibles que celle de la construction des identités, la perception de la différence et de la diversité, sans sombrer dans les écueils bien connus de la moralisation du public et la bien-pensance ? Comment, aussi, aborder au théâtre des questions politiques qui se déploient au-delà de nos frontières nationales – celles relatives aux relations entre l’Europe et l’Afrique, et ses répercussions sur les situations politiques des pays africains comme à un niveau plus micro, dans la sphère intime des relations interpersonnelles ? En bref, c’est autour de l’exploration d’une politique du théâtre qu’échangeront un homme et une femme de théâtre qui placent tous deux au cœur de leur recherche artistique, la question des préjugés : Frédérique Lecomte, metteuse en scène belge qui travaille tant la question des discriminations en Belgique que celle des conflits et des traumatismes au Burundi et au Congo ; et Kokou Namo Ehah, metteur en scène togolais vivant en France qui s’attache à soulever les impensés racistes de la société française entretenus par un système politique transnational corrompu.
  • Septembre 2017 (date à préciser)
    Théâtre, mémoire et réparation au Rwanda : Dalila Boitaud, metteuse en scène, Cie Uz et coutumes, Uzeste (Gironde) et Hélène Dumas, historienne, chargée de recherche CNRS au LAM. OARA (Molière, scène d’Aquitaine)
    Cette séance a pour objet la rencontre entre deux regards singuliers portés sur le génocide des Tutsi perpétré d’avril à juillet 1994 au Rwanda : celui d’une historienne, Hélène Dumas, et celui d’une metteuse en scène, Dalila Boitaud. Le dialogue entre leurs deux approches permettra de questionner l’esthétique de la création et le sens de la mémoire, de la reconstruction identitaire et de la justice. Il permettra également de percevoir ce que dit et fait l’histoire singulière à l’histoire collective à travers l’analyse des Gacaca, une forme de justice négociée post-génocidaire qui s’appuie sur le récit des violences commises pendant le génocide. Ces institutions supposent une disposition particulière dans des lieux précis, une procédure régulée et une expression corporelle et verbale d’émotions fortes (le remords, le pardon, la tristesse, le trauma, etc.). Elles s’intéressent également toutes deux au témoignage individuel de femmes rescapées. Hélène Dumas s’est attachée à l’importance des mots utilisés pour décrire les violences tandis que Dalila Boitaud travaille à partir de textes littéraires et de témoignages recueillis qui composent, entrelacés, la trame du texte final qu’elle met ensuite en scène.
  • 9 octobre 2017 (date à confirmer)
    Musique, création et exil : Souleymane Diamanka, poète et slammeur peul bordelais. Et Sébastien Lagrave (Festival Africolor, Ile de France). (+ diffusion de son film Les enfants d’Hampâté Bâ) –  En partenariat avec ALIFS (Asso du Lien Interculturel, Familial et Social) et AOC de l’égalité en Aquitaine.
    Cette séance interrogera les notions d’exil, de mémoire et d’identité(s) à travers la création musicale grâce à deux exemples de transmission du patrimoine culturel de l’immigration. Le slammeur Souleymane Diamanka est né au Sénégal dans une famille peule et a rejoint son père à Bordeaux avec sa mère lorsqu’il avait deux ans. Il compose aussi bien en langue pulaar qu’en français et utilise sa langue natale pour mieux traduire ou rendre en mot le français, comme le montre son livre écrit à quatre mains avec le poète d’origine polonaise, John Banzaï, J’écris en Français dans une Langue Étrangère (Paris, Éditions Complicités, 2007). Réalisé par Emmanuelle Villard, le documentaire Les enfants d’Hampâté Bâ montre comment le slammeur bordelais puise sa source d’inspiration dans les nombreuses cassettes audio enregistrées en langue peule par son père et présente un exemple concret d’appropriation du patrimoine culturel de l’immigration. Quant à Sébastien Lagrave, directeur du festival Africolor de Seine-Saint-Denis, il présentera un projet artistique similaire mené avec le groupe Kayes-DG. Composé de Français héritiers de l’immigration malienne des années 1980, ce groupe de six musiciens et danseurs revisite le répertoire de la musique mandingue à partir de leur culture musicale contemporaine et de textes, chantés majoritairement en soninké, composés en s’inspirant de leur vie quotidienne.
  • Novembre 2017 (date à préciser)
    Écrire contre l’oubli, inscrire le paysage, créer une archive. Autour du film Bakary Diallo, poète de Mélanie Bourlet, maîtresse de conférences en littérature peule à l’Inalco et Franck Guillemain, réalisateur. Avec Mélanie Bourlet. Discutant : Daouda Gary-Tounkara, Chargé de recherche en Histoire au CNRS/LAM Bordeaux. Utopia 
    Pourquoi écrire en pulaar (peul) lorsque l’on est considéré comme le premier écrivain africain en langue française ? En remontant le fil de la trajectoire littéraire et personnelle d'un écrivain injustement dénigré, Bakary Diallo, Mélanie Bourlet découvre qu’à son retour de France où il était engagé au front comme tirailleur, l’auteur du roman Force-Bonté (1926) qu’on a soupçonné de plagiat, n’a jamais cessé de composer de la poésie en pulaar. Arpentant inlassablement les savanes du nord du Sénégal, il inscrivait les moindres détails du paysage, vibrants témoignages des modulations du temps sur l’écologie locale. Si les archives papier sont pour la plupart aujourd’hui disparues, la transmission de ses poèmes a été assurée et c’est toute sa sensibilité de poète, au tournant du XXè siècle, face à un monde en pleine mutation, que sa famille et Mélanie Bourlet retransmettent à leur tour. Le film traduit l'idée que la littérature, loin d'être un passe-temps de salon, est tout simplement vitale, indispensable au fonctionnement et à la perpétuation d'une société, tant pour la construction de la subjectivité individuelle que pour son devenir politique, à partir notamment, d'une mémoire partagée.

 

CYCLE I (2015/2016)

Quels matériaux pour les arts d’Afrique ? Créations, collections, circulations

Ce premier cycle de séminaires souhaite interroger les formes et enjeux des pratiques artistiques contemporaines sur le continent africain à partir de l’idée-force d’« archive » et des négociations, reconversions, filiations auxquelles la manipulation de ses matériaux donnent lieu. L’archive est entendue ici au sens large : fonds, collections privées ou muséales, différents types de gisements matériels, numériques ou symboliques, héritages artistiques et culturels transmis par les générations d’artistes qui ont précédé etc. sont ainsi concernés.

À partir de quels matériaux travaillent aujourd’hui les artistes, commissaires et conservateurs vivant sur le continent africain ? Quelles questions posent l’appropriation, voire la réactivation, de ces matériaux ? Quelles valeurs ajoutées engendrent leurs circulations ? Et, par-là, comment la question du patrimoine est-elle affectée, redéfinie, voire transformée, par ces pratiques contemporaines ? Enfin, quelles écritures de l’histoire, ainsi que de l’histoire de l’art, la prise en compte de ces patrimoines permet-elle ?

Mettre l’accent sur l’« archive » et les multiples questions que son utilisation pose à l’artiste et plus largement à la cité - car elle implique une anticipation pour le futur - nous permettra également d’aborder d’autres thématiques telles que les formes contemporaines de l’activisme artistique en Afrique ; les réseaux et lieux de circulation de ces "’produits’ de haute nécessité" (1) et de leurs auteurs ; les économies qui les soutiennent (le financement participatif, par exemple, la place -croissante/décroissante selon les cas - du financement octroyé par les instances internationales, le poids croissant de certains collectionneurs etc.).

Chaque séance abordera - à travers l'intervention des artistes, commissaires et chercheurs invités - une ou plusieurs de ces idées, l'ensemble du cycle proposant ainsi un panorama sélectif des pratiques artistiques contemporaines africaines, dans leurs dimensions historique, sociale, politique et économique.

(1) Nous reprenons ici le titre du manifeste écrit en 2009 par neufs intellectuels antillais dont Patrick Chamoiseau et Édouard Glissant : le "Manifeste pour les 'produits' de haute nécessité".

Mots-clefs : archive, circulations, collections, festivals, héritage, histoire des arts, mémoire, patrimoine, réappropriation de l’histoire, réseaux, stratégie de l’artiste.

Responsables : Emmanuelle Spiesse, Marian Nur Goni

Calendrier des séances (Sous réserve de modification)

  • Jeudi 10 décembre 2015
    La réception des arts d’Afrique en Occident : valorisation ou réappropriation ?, par Maureen Murphy, historienne de l’art, maître de conférences à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
    16h-17h : Lancement du livre Archive (re)mix. Vues d’Afrique (dir. M. Le Lay, D. Malaquais, N. Siegert).
  • Jeudi 11 février 2016
    Le musée Konso en Éthiopie : quels usages politiques du patrimoine culturel ?, par Chloé Josse-Durand, doctorante au LAM/Sciences Po-Bordeaux.

  • Jeudi 17 mars 2016
    Fragments d’histoire congolaise : une imagerie coloniale réactivée, par Nora Greani, anthropologue et historienne de l'art, chercheuse associée au Labex CAP.

  • Jeudi 24 mars 2016
    Hunting and Collecting. Images de la chasse et chasse aux images par Sammy Baloji, artiste et fondateur des Rencontres Picha. Biennale de Lubumbashi et Lotte Arndt, enseignante en théorie à l’École supérieure d’art et design de Valence.
    http://www.biennaledelubumbashi.org/

  • Jeudi 14 avril 2016
    Jürg Schneider, historien,
    Comment les photographies font-elles surface ?, autour du projet African Photography Initiatives dont il est l’un des fondateurs et qui vise à la sauvegarde et à la valorisation des archives photographiques africaines
    http://african-photography-initiatives.org/

  • Jeudi 13 octobre 2016
    "Vocabulaires artistiques : dialogues à partir du travail de Willem Boshoff" par Katja Gentric, chercheuse associée au Centre Georges Chevrier, Dijon et chercheuse postdoctorante à UOVS (University of the Orange Freestate, Afrique du Sud).
    L'artiste Willem Boshoff (Afrique du Sud,1951) - dont le travail s'articule autour des questions de l’archive lexicale, de la violence politique et de la (re)construction - servira de point de départ pour une réflexion sur les écrits et livres d'artiste dans le champ de l'art du continent africain. Aussi, seront abordées les questions que soulève l'utilisation du langage par les artistes lorsqu'il devient le matériau essentiel d'une œuvre d'art ou d'un livre d'artiste. Comment les artistes emploient-ils le langage ? En quoi la traduction peut-elle devenir un outil de création ?
  • Jeudi 17 novembre 2016
    Archives et circulations artistiques au Kenya (titre provisoire)
    The Inaugural Meeting of archives Anonymous (aA) par Sam Hopkins, artiste plasticien (GB/Kenya) – (en anglais)
    L'artiste Sam Hopkins - dont le travail porte en grande partie sur la question de l’espace public et la négociation de pratiques participatives - reviendra sur son parcours et notamment sur les œuvres et les nombreux projets pour lesquels il a eu recours à la manipulation d'archives ou de collections historiques (Mashup exhibitions, 2015 ; Letter to Lagat, 2015 ; Kenya Navy Sick Bay, 2015 ; Samson's Dead Stock, 2009 etc.). Pourquoi et comment travailler avec ces matériaux ? Quels sont les interrogations et les enjeux (culturels, politiques, juridiques etc.) que leurs maniements ont fait surgir ?
    Né en 1979, Sam Hopkins a grandi entre le Kenya et l'Angleterre et a beaucoup travaillé en Allemagne. Il est actuellement doctorant à l'University of the Arts London (UAL). Il a participé à de nombreuses expositions internationales et a été artiste en résidence au centre d'art et de recherche Iwalewahaus de l’Université de Bayreuth. En 2014, son nom figurait dans la liste des 100 Leading Global Thinkers du magazine américain Foreign Policy (FP). http://www.samhopkins.org/

Un réseau africain de l'art contemporain ? Carrières et circulations d'artistes à partir de Nairobi par Olivier Marcel, docteur en géographie (LAM, Bordeaux)
La formation institutionnelle de l'art contemporain africain et la multiplication de grands événements sur le terrain de l'Afrique métropolitaine ont installé l'idée d'un réseau transnational, à l'encontre des "scènes nationales" que décrivent autant les travaux de chercheurs que les biennales d’art contemporain. À partir d'une approche géographique, il s'agira de décrire la forme et les hiérarchies de ce réseau, et d'évaluer son rôle au sein des trajectoires d'artistes.

  • Jeudi 8 décembre 2016
    Image as Commodity: The Archive of La Croisière Noire par Emma Wolukau-Wanambwa, artiste plasticienne (Ouganda) - (séance en anglais)
    Cette présentation puise dans une recherche en cours sur la Croisière Noire, mission d’exploration et expédition de trente mille kilomètres entre l'Algérie et Madagascar menée en 1924-1925 par Citroën et sponsorisée par Louis Vuitton.
    La documentation visuelle de la Croisière Noire fut exceptionnellement vaste. Y travaillèrent un artiste, un photographe et une équipe de tournage munie d’une des premières caméras filmant au ralenti, commandée pour l'occasion à Hollywood. Les dizaines de milliers d'images prises sur le terrain furent à leur tour reproduites et dupliquées dans des livres, films, expositions, jouets, jeux, autant de marchandises et de souvenirs qui furent ainsi largement disséminés à travers le monde occidental.
    En prenant la Croisière Noire comme étude de cas pour la représentation du projet colonial dans la culture populaire occidentale, cette rencontre permettra de retracer le parcours de quelques-unes de ces images les plus iconiques au cours des 90 dernières années et réfléchira aux méthodes et fonctions de leur instrumentalisation. - http://www.wolukau-wanambwa.net/

Toutes les séances du cycle I se dérouleront au FRAC Aquitaine de 14h à 16h.

Contact : seminaire.art.politique@gmail.com

FRAC Aquitaine
Hangar G2 - Bassin à flot n°1 - Quai Armand Lalande - 33300 Bordeaux -05 56 24 71 36 - www.frac-aquitaine.net
Bus : Lignes 7, 32 et 76, arrêt Bassins à flot
VCUB : Station #98 - Bassins à flot - 83 QUAI DE BACALAN
Parking gratuit et accessibilité des personnes à mobilité réduite.

 

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